* Une centaine de personnes ont répondu à l’invitation de l’ARMOUP pour sa 8ème Journée romande des collectivités pour le logement d’utilité publique (JRCLUP) le 13 mai dernier au centre Aquatis à Lausanne, pour parler lobbying. Et tâcher de démêler ce qui distingue un lobbying efficace d’un lobbying improductif.
La présidente de l’ARMOUP, Fabienne Abetel, a ouvert la journée en distinguant le savoir‑faire (le soutien et la formation fournis aux coopératives d’habitation et fondations) du savoir‑convaincre, thème central du débat. Isabelle del Rizzo, secrétaire générale, a précisé que le lobbying consiste à bâtir des ponts entre acteurs divers — coopératives, communes, responsables politiques — pour faire avancer le logement d’utilité publique, métaphore filée tout au long de ses présentations des conférenciers.
Steven Eichenberger (UNIGE) a présenté des conclusions de recherche : un lobbying efficace repose sur trois ingrédients — le bon timing (p. ex. lors de l’élaboration d’un avant‑projet de loi), la bonne coalition (petits acteurs unis contre un grand) et les bonnes priorités (solutions capables de rassembler une majorité et d’intéresser le parlementaire ciblé). Exemple concret : le Groupement des Coopératives d’Habitation Genevoises (GCHG), fondé en 1998 et représenté par Christophe Brunet et Eric Rossiaud, illustre ces principes. Son activisme a culminé avec l’initiative cantonale « Pour + de logements en coopérative » lancée en mars 2021, visant à faire passer la part des coopératives de 5% à 10% — initiative acceptée le 28 septembre 2025 à 60,42% des voix. Le GCHG a construit un plan d’action détaillé (fonds coopératif cantonal, fonds LUP, élargissement du droit de préemption, inscription d’un ratio de coopératives dans les PLQ, socle de 40% de coopératives dans le projet PAV, renforcement de la FPLC) et cherche à placer ses membres dans commissions publiques; sa secrétaire générale, Caroline Marti, est par ailleurs députée PS au Grand Conseil de Genève.
Ada Bernier, coordinatrice d’Association Ecoquartier (Lausanne), a illustré le « lobbying participatif »: think‑tank participatif né autour du projet Métamorphose (2007), misant sur animations socioculturelles, ateliers, groupes de travail et publications pour promouvoir les écoquartiers via intelligence collective et mobilisation citoyenne.
La table ronde animée par Charles Reinmann (RTS) qui clôt la journée autour des conférenciers du matin a réuni Nicole Decker (NE), Béatrice Stämpfli (WSS), Laurent Menoud et le conseiller national Samuel Bendahan. Les échanges, parfois anecdotiques, ont montré que le lobbying peut rassembler au‑delà des clivages politiques (même un élu UDC peut soutenir des coopératives quand il s’agit de préserver le logement abordable dans une petite ville gangrenée par l’hyper-gentrificatoin), que la négociation remplace avantageusement la confrontation, que la neutralité aide à fidéliser des partenaires, qu’il faut cibler aussi les partis réticents, et surtout privilégier un contact durable, sincère et personnalisé avec la cible du lobbying.
Savoir-faire, savoir-convaincre… et faire savoir
Les coopératives d’habitation produisent du logement d’utilité publique de qualité avec, notamment, le soutien de l’ARMOUP. Encore faut-il le faire savoir au-delà du cercle étroit de l’association: c’est le rôle de la revue Habitation, qui voue depuis quasi un siècle toute son âme à la promotion du logement d’utilité publique, à la fois comme vecteur d’information (abonnés et grand public) et de lobbying (diffusion gratuite aux communes et parlementaires romands). Alors si vous voulez tout savoir sur les coopératives d’habitation sans avoir jamais osé le demander, abonnez-vous: https://www.habitation.ch/abonnement/
* Ceci n’est qu’un avant-goût. La version longue complète de l’article paraitra le 17 juin lors de la sortie de la revue Habitation 2-2026.
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