Editorial

La revue qui vous dit tout sur les coopératives d’habitation…

Edito

Chères lectrices, chers lecteurs,

La quête d’un terrain constructible est à la fois un enjeu essentiel des maîtres d’ouvrage d’utilité publique et le principal obstacle au développement des parts de marché immobilier aux mains des MOUP. Parce que les terrains constructibles bien situés sont rares. Et que ce qui est rare est cher. Souvent trop cher pour des MOUP qui sont tenus de livrer des logements à prix coûtant qui restent abordables et accessibles à la classe moyenne, sans que cela ne péjore trop le budget du ménage.

Certaines associations régionales membres de la faîtière coopératives d’habitation Suisse, comme à Zurich ou à Bâle, ont développé des services et des outils ad hoc pour traquer les potentiels terrains constructibles, voire des immeubles à racheter pour leurs membres. Une mission qui semble a priori hors de portée de l’ARMOUP, qui est au service des MOUP des 6 cantons de Suisse romande, soit autant de normes et fiscalités diverses et tout autant de spécificités cantonales en matière de gestion et d’aménagement du territoire. Dans le canton de Vaud par exemple, c’est la Société vaudoise pour le logement SVL, un organisme d’Etat, qui tient ce rôle: chercher des terrains constructibles, les acheter au plus vite quand une bonne occasion se présente, avant de les mettre à disposition en DDP aux MOUP. Mais rien de tel dans les autres cantons romands.

C’est sans doute pour cela qu’est né à Genève il y a vingt ans déjà un premier groupement de coopératives d’habitation, dont la motivation première était de devenir un interlocuteur unique représentant ses membres face aux autorités publiques lors des discussions sur l’aménagement du territoire et sur le destin des terrains constructibles en main du canton et de la ville. Et ça marche plutôt bien (lire page 22).

Deux autres groupements de MOUP ont émergé depuis un an, créant une ébauche de maillage cantonal de réseaux de MOUP localement bien ancrés et dont les services pourront sans doute avantageusement compléter ceux de l’ARMOUP… notamment en matière de recherche de terrains constructibles, de lobbying politique au niveau des communes et de synergies entre les MOUP (entraide et projets communs). Ainsi, frimoup, un groupement qui a été très favorablement accueilli par les autorités publiques de Fribourg et par les MOUP de la région (lire pages 26-28) ou encore jumoup, un groupement jurassien de MOUP qui, à peine fondé, a déjà fait preuve de solidarité entre ses membres (lire page 29). Ces groupements pourraient à terme devenir aussi des relais locaux efficaces des actions de promotion du logement d’utilité publique initiées par l’ARMOUP… et inversement (lire page 28).

Patrick Clémençon